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Le retour d’expatriation est une transition souvent délicate nécessitant un accompagnement. Si certains s’appuient sur des ressources personnelles (famille, amis, collègues, mentors), d’autres optent pour un accompagnement professionnel personnalisé et font appel aux services d’un coach. Pour qui ? Pourquoi ? Comment ? Martine Safars, coach freelance française, résidant à Paris a répondu à toutes les questions fondamentales que les x-expats peuvent se poser concernant le coaching, une pratique répandue qui gagne de plus en plus d’adeptes chaque année.
X-Expats : Pouvez-vous nous parler un peu de vous et de vos activités
Martine Safars : Je suis très internationale. Je suis ce qu’on appelle une « Third Culture Kid ». Comme j’aime à le dire : Je suis 50% belge, 50% argentine : 100% française. J’ai passé de longues périodes de mon enfance près du Rio de la Plata. J’ai également vécu aux Etats-Unis (près de Washington D.C.) pendant plusieurs années et ai fréquenté les écoles des deux côtés de l’Atlantique.
Après des études d’ingénieure en biologie, j’ai travaillé pendant une dizaine d’années sur plusieurs projets de recherche en France (Institut Pasteur, CNRS, INSERM) et à l’étranger (Institut Weizmann en Israël). Puis, pendant dix ans, j’ai dirigé le service de PAO du packaging d’un laboratoire pharmaceutique international. Je me suis ensuite formée au coaching et tout naturellement spécialisée dans le coaching interculturel. Aujourd’hui, je suis coach professionnelle et interculturelle. J’aide les managers en transition professionnelle à clarifier et à atteindre leurs objectifs, lors de la préparation à une expatriation ou un retour ou également au cours de leur séjour en France s’ils sont étrangers. Pour cela, j’utilise les techniques classiques du coaching (approche centrée sur la personne, questionnement, écoute, etc.).
X-E : Qu’est-ce que le coaching interculturel ?
MS : Le coaching interculturel n’est pas une formation préformatée. C’est un accompagnement individuel, personnalisé, souple, adapté à chaque expatrié. Il permet, par la discussion et le questionnement de prendre conscience des différences culturelles et des difficultés induites par celles-ci et de les surmonter. Que ce soit avant le départ, pendant l’expatriation ou lors du retour, le coaching interculturel peut vous aider à clarifier vos attentes et à atteindre vos objectifs, dans les domaines professionnel et personnel. Le coaching permet la réflexion individuelle dans un espace protégé, en dehors de l’entreprise, avec une garantie de confidentialité, et le soutien de votre coach tout au long de cet accompagnement.
X-E : Comment se passe un coaching ?
MS : Habituellement, un coaching comporte une dizaine de séances d’une heure et demie, à la fréquence d’une tous les quinze jours. Une certaine souplesse est bien sûr possible. Les séances ont lieu en face-à-face. Il est également possible de faire ponctuellement une séance par téléphone. Ma clientèle étant internationale, je pratique le coaching interculturel en français, en anglais ou en espagnol, selon la demande de mon client.
X-E : Vous accompagnez les managers en transition professionnelle. Est-ce que les modalités de cet accompagnement ou les attentes de vos clients varient suivant leur nationalité ou leur expérience à l'international ?
MS : Non. Les attentes de mes clients et les modalités de mon accompagnement sont proches quelle que soit la culture de mes clients. Le coaching, c’est aider le client à trouver en lui, les réponses à ses propres questions. C’est une écoute authentique. Pour moi, chaque client quelle que soit sa culture, est un nouveau « continent » à découvrir.
X-E : Le contexte professionnel dans son pays d'origine est souvent très différent de celui dans lequel les expatriés évoluaient (la façon de travailler, le cadre de vie en Asie, Afrique ou Amérique diffèrent des pratiques françaises). Que conseillez-vous aux expatriés pour faciliter leur adaptation et insertion professionnelle dans le pays d'origine ?
MS : Mon conseil, en tant que coach, est de se poser des questions et bien sûr d’y répondre précisément, avec l’aide d’un professionnel si nécessaire. Celles-ci permettront aux ex-expatriés de clarifier leurs acquis et leurs désirs, d’affronter leurs difficultés et d’apaiser leurs inquiétudes. Quelques exemples : Lister ce que cette expatriation vous a apporté comme enrichissement personnel/compétences et dans quelles situations vous pourrez les utiliser. En quoi cette expérience vous a changé ? Que désirez-vous faire professionnellement et que ne voulez-vous plus faire ? Où voulez-vous vivre ? Avez-vous gardé votre pied-à-terre ? Voulez-vous changer de région dans votre propre pays d’origine ? Envisagez-vous de repartir un jour ? Que voulez-vous changer dans votre vie par rapport à celle que vous aviez avant de partir ? Et par rapport à celle que vous aviez à l’étranger ? Qu’est-ce qui vous empêche d’obtenir ce que vous voulez ? Y a t il certaines choses/situations dont vous devez faire le deuil une fois revenu dans votre pays ?
Mon second conseil est de ne pas négliger la famille de l’expatrié(e) et de poser les mêmes questions au conjoint. De plus, si l’on a des enfants, il est préférable de choisir de revenir durant l’été afin que les enfants commencent l’école à la rentrée scolaire normale (et non en milieu d’année).
X-E : La globalisation amène des salariés de plus en plus nombreux à gérer et/ou faire partie d'équipes multiculturelles. Comment intégrer les différences associées à la culture, parcours personnel ou professionnel et les transformer en atouts au niveau du salarié, mais aussi de l'entreprise ?
MS : Dans mon activité, je travaille individuellement avec le manager. Cependant, j’ai également une vision globale de l’entreprise et des équipes multiculturelles. Ainsi, par exemple, chaque individu a des valeurs, des styles de communication interpersonnelle, une relation au temps, une relation à la hiérarchie qui lui sont propres. Pour qu’une équipe multiculturelle fonctionne au sein d’une entreprise, il faut que les différences soient prises en compte et non niées. L’organisation doit prendre en compte cette richesse multiculturelle en co-créant une vision commune, en motivant chaque individu selon ses caractéristiques culturelles et personnelles et en permettant une analyse commune des résultats obtenus.
X-E : Les expatriés ont développé une expertise technique liée au métier exercé. Quelles sont les autres compétences transposables (interpersonnelles/ comportementales) acquises grâce à ce vécu multiculturel ?
MS : Au cours d’un coaching, l’expatrié prendra conscience de ses nouvelles compétences. Je peux citer certaines en exemple, comme les langues étrangères, l’adaptabilité, l’écoute, le pragmatisme, l’ouverture d’esprit, la créativité, la curiosité aux autres cultures.
X-E : Comment choisir son coach ? Quelles questions faut-il poser ?
MS : Aujourd’hui, le mot « coaching » est à la mode et peut prendre des formes très variées d’accompagnement. Il est donc recommandé de poser des questions au coach lors du premier rendez-vous, concernant les points suivants :
1- Sa formation : Il doit avoir été formé au coaching (à l’université ou dans une école spécialisée) et à une ou plusieurs théories telles que l’Analyse Transactionnelle, la PNL (Programmation NeuroLinguistique) ou l’Approche Humaniste par exemple.
2- Le coach doit avoir fait un travail sur lui-même (psychothérapie, voire psychanalyse). Ce point est important, car cela permettra une meilleure neutralité du coach vis-à-vis de son client.
3- Dans ce sens, le coach doit également être en supervision (individuelle ou en groupe), afin d’éviter un contre-transfert affectif ou tout problème interrelationnel avec son client.
4- Bien sûr, le coach a une déontologie et est garant de la confidentialité de ce qui sera dit au cours de cet accompagnement.
5- Le parcours professionnel du coach lui aura aussi permis de bien connaître le milieu de l’entreprise et dans le cas du coaching interculturel, il devra avoir vécu dans plusieurs pays ou être immergé dans un milieu multiculturel.
Et finalement, ce qui compte le plus pour choisir son coach, c’est le « feeling » entre le coaché et le coach. Il faut se sentir à l’aise et en confiance, sentir que le coach vous écoute avec toute son attention.
X-E : Merci Martine pour nous avoir éclairé sur la pratique du coaching ainsi que les modalités de cet accompagnement. Un service professionnel dont l’utilité n’est plus à démontrer.
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